La souveraineté, pour notre avenir!
Au coeur de la vie politique des Québécois et des Québécoises, le projet de faire du Québec un pays « normal », pour reprendre l'expression de René Lévesque, se discute au quotidien. Mais il trouve ses racines dans l'histoire et les luttes des générations qui se sont succédé depuis l’arrivée des premiers Européens en terre d’Amérique. Ancré au coeur de l'identité d'un peuple en constante évolution, le projet de souveraineté transcende aujourd'hui les désirs et les ambitions de citoyens et de citoyennes du Québec de toutes les cultures et de toutes les origines.
Ce projet est maintenant, plus que jamais, d'une nécessité nationale. Le développement du Québec, la possibilité d’occuper et de mettre en valeur tout le territoire national, de profiter de nos énormes ressources naturelles et de les protéger, doivent être le fait des hommes et des femmes qui y résident et qui ont choisi d’y faire grandir leurs enfants. Ils doivent pouvoir, en toute légalité et en toute quiétude, exercer leur devoir de recherche du mieux-être des concitoyens et concitoyennes, par l’adoption des lois qu’ils désirent et la perception et la redistribution des impôts. Déterminer soi-même son avenir, voilà une explication très simple de ce que signifie le projet souverainiste.
Le désir de faire un pays s'inscrit aussi dans la grande aventure de la mondialisation. Le Québec, par la voix de son peuple et de son gouvernement, a un rôle à jouer dans la grande famille des nations du monde moderne. Je reprendrai un texte de mon ami Jack Robitaille, comédien, qui nous disait récemment :
«Quel rôle jouerons-nous dans le concert des nations ? J’aime bien cette expression : elle évoque en moi un grand orchestre dans lequel nous serions un instrument. Pas nécessairement le premier violon, mais un instrument qui a sa propre sonorité, sa propre technique d’exécution. (…). Dans la grande symphonie des nations, le Québec saura trouver une place qui lui est propre et pourra, j’en suis sûr, tenir sa note pour que notre monde progresse dans la voix de l’harmonie.»
Et ce rôle, le Québec l'affirme dans sa façon de promouvoir une mondialisation plus humaine qu'économique, une mondialisation qui tient en haute estime les identités et les cultures des peuples, une mondialisation qui respecte les droits et libertés de tous.
Pour nous, citoyens de nos villes, nos quartiers, nos régions, nos villages, cela signifie une plus grande prise de contrôle sur nos institutions, politique comme démocratique. L'affirmation de notre complète autonomie sur la gestion des richesses collectives se traduisant par la redistribution de nos taxes et impôts en services d’éducation, de santé, en protection du patrimoine et en vitalité culturelle. Cela veut aussi dire la maîtrise de toute notre originalité et de notre créativité à faire nos lois dans le respect des valeurs qui nous rassemblent. Nous avons la capacité de négocier, nous-mêmes, des ententes de collaboration, de libre-échange et de partenariat avec le Canada et les autres pays des Amériques et du monde. L'indépendance du Québec, c'est tout cela, avec la légitimité d'agir au nom du peuple d'ici.
Permettez-vous de rêver… Cela se passe quelque part, dans une grande salle où sont réunis les représentants des nations de la terre. Ce peut être à l’UNESCO, comme à l’ONU ou à l’OMC. Une jeune Québécoise, fraîchement émoulue de l’Université Laval, se lève courageusement à l’invitation de la présidence. Elle déclare que la nation au nom de laquelle elle parle présente une proposition pour l’avancement des droits humains et l’égalité entre les peuples de la terre. La salle s’anime, les détracteurs s’affichent, la résistance s’organise, les discussions de corridor sont enflammées et, après bien des échanges, la résolution est adoptée. Cette résolution reflète la pensée de la jeune femme, bien sûr, mais elle est surtout le résultat du long travail de mûrissement d’une nation profondément pacifiste et solidaire, une nation qui rêve de développement durable et équitable. Cette résolution est signée par une nation qui a subi longtemps le bâillon de la provincialisation et découvre le pouvoir de parler au monde et de signer de son nom véritable, le pays du Québec. La jeune femme se sent fière d’elle et des hommes et femmes qui ont eu le courage d'affirmer que les jeunes du Québec méritaient le monde.
Je suis une féministe qui croit en ce vieux slogan: égalité ET indépendance, pour les personnes comme pour les pays. C’est mon combat quotidien, celui de la femme comme celui de la députée. Celui de la féministe comme celui de la souverainiste. La liberté n’a pas de prix et ne sera jamais démodée.